Sniff, c'est mon dernier jour à Kyoto. Avant de partir
je vais visiter le temple qui est juste à quelques arrêts de bus
du ryokan Yamasaki et que je croise tous les jours,
le temple Ninna-ji (仁和寺).
Le temple a été fondé en 888 par l'empereur Uda,
à la fin de
son règne, il devint prêtre et se retira au temple. Ainsi,
jusqu'en 1869, il était de coutume que les empereurs régnants y
envoient un de leur fils pour occuper la fonction de grand
prêtre. Hélas le temple fût détruit pendant la guerre
d'Ōnin et reconstruit au XVIIè siècle. Aujourd'hui, le
temple de Ninna-ji est le siège de
l'école Omuro de la secte shingon
ainsi que celui de leur école d'ikebana.
Pour accéder au temple, je passe sous la porte Nio-mon dont
les gardiens, d'immenses statues, n'ont pas l'air très
accueillants .
Je traverse le hall d'entrée qui conduit dans le bâtiment Shiro-shoin
(blanc) dont les peintures décoratives des portes coulissantes
datent de 1937. Elles représentent un arbre et ont été réalisées
par Seihan Fukunaga.
J'emprunte une sorte de passerelle , au plancher et à la toiture en
bois mais ouverte sur l'extérieur, pour rejoindre les autres
bâtiments.
De cette passerelle, je peux voir le Jardin Sud
, dantei (南庭), dont les
graviers blancs sont d'une blancheur éclatante sous le
soleil. Ils ont permis, bien avant l'arrivée de l'électricité,
d'éclairer l'espace avoisinant en réfléchissant la lueur de la
lune. Les lignes formées par les graviers sont régulièrement
refaites par les moines et sont censé représenter l'eau.
A l'opposé se trouve le Jardin Nord , dont la forme suit celle du
caractère 心 (qui signifie coeur, esprit). Il est composé
d'un étang dans lequel on voit la végétation s'y réfléchir.
Si je prends à gauche, j'accède au bâtiment Kuro-shoin (noir),
les peintures dans les pièces datent également
de 1937 et sont l'oeuvre de Domoto Inshō.
Si je prends à droite, j'accède au bâtiment Shiden dont les
peintures des pièces représentent les saisons
.
Je continue tout droit et arrive au bâtiment Reimeiden
, le joyaux sacré, avec, posé sur
l'autel, la statue du bouddha de la médecine
(Yakushi Nyorai).
D'ici, on retrouve une autre vue sur le Jardin Nord
.
Pour accéder à l'autre partie du temple, je passe la porte
Cyu-mon . Immédiatement sur ma gauche, je trouve un
jardin de cerisiers . Hélas, ils ne sont
pas encore en fleur car il s'agit d'une variété dont la
floraison a lieu un peu plus tard que leurs homologues. Ils sont
également moins hauts à cause d'un sol argilacée offrant moins
d'oxygène et de nutriments.
Un peu plus loin, j'aperçois le bâtiment dédié à
Avalokiteśvara
(Kannon-do)
, déesse de la miséricorde. En
face, je retrouve une pagode à cinq étages .
Je poursuis vers le nord jusqu'au Kon-do , bâtiment principal où sont
conservées les reliques. Sur sa droite, un clocher vermillon
utilisé pour sonner les 108 coups afin de
marquer la fin de l'année.
Et moi, je continue toujours à admirer les cerisiers en
fleurs .
Je suis à la gare, en avance afin d'être sûr de ne pas louper
mon shinkanzen (新幹線), le train à grand vitesse, pour
retourner à Tokyo.
En attendant dans la gare, je remarque qu'il
y a une exposition au dernier étage sur Takabatake Kashou. Il faut dire que les affiches
ont kidnappé mon regard. Il a réussi, dans
ses dessins de jolies femmes un brin romantiques, à faire la
fusion entre les cultures orientales et occidentales. Je suis
conquis et achète un livre décrivant son oeuvre avant de
partir. Le livre est en japonais bien sûr, mais ce n'est pas
grave, je me contenterais des images.