Je me réveille à 5h20, j'ai chaud et j'entends l'appel à la prière
de la Mosquée Bleue.
Je fais un tour au pipi room et me recouche, il
est trop tôt. Je ne me réveillerai à nouveau qu'à 9h30, avec le réveil
cette fois. On veut profiter du petit-déjeuner inclus avec la chambre.
Cette fois, on a le choix avec: de la pâte à tartiner turque, 3 types
de fromages (1 en barquette, 1 à pâte molle et 1 à pâte semi-molle),
des tomates, du concombre, des oeufs, du salami, 4 types de confitures
(dont une à la rose, avec des pétales dedans, Steph n'était pas très
inpiré par les pétales qui flottaient
), du halva (composé d'une
pâte de sésame ou tahini) et des cubes marrons avec des morceaux
blancs (sucré mais je ne sais pas ce qu'il y avait dedans). Après le
petit-déjeuner, nous retournons dans la chambre et comme il pleut,
nous écrivons quelques cartes postales.
Le temps semble ensuite s'éclaicir un peu (le soleil sort le bout de son nez malgré des nuages menaçants encore présents), nous décidons de sortir, au moins pour voir la Mosquée Bleue et Sainte Sophie, juste à côté.
Une fois sortis, le vent se lève et après quelques photos de l'extérieur de Sainte Sophie, nous nous dirigeons vers l'entrée. Bien nous en a pris car des gouttes commencent à tomber et la file d'attente s'allonge à vue de nez. En plus, sans le vouloir, nous avons choisi la file la plus courte, youpi! Mais nous n'avions pas prévu les 25 ₺ par personne alors que le guide indiquait 10 ₺.
Nous entrons ensuite dans la basilique, transformée en mosquée. De grands lustres suspendus tombent quasiment à hauteur d'homme et le lustre central est immense.
De grands tableaux ronds noirs, avec une écriture arabe dorée, sont
dispersés aux quatres
coins de la basilique.
Le mirhab, au fond de l'abside, est dirigé vers la Mecque mais du coup, l'ensemble n'est plus symétrique. A droite se trouve le minbar, décoré de marbre, et presque en face, la loggia pour le muezzin.
L'ensemble me donne une impression bizarre, mi-musulmane,
mi-chrétienne avec son sol en marbre blanc et sa vierge au dessus de
l'abside... Elle ne peut plus être un lieu de culte telle quelle pour
moi. Je ressens la domination musulmane à une époque où piétiner la
foi des autres n'était pas un souci, au contraire. La joie d'avoir
gagné
était plus forte que tout et la transformer en mosquée,
un symbole puissant...
Après moultes photos de cette partie de la basilique, nous décidons de monter à l'étage. Nous arrivons dans un endroit où des gens font la queue et nous pensons qu'il s'agit de la file d'attente pour monter. Nous nous mettons dans la file avant de réaliser qu'il s'agit du pilier qu'il faut toucher pour voir se concrétiser ses voeux de fécondité... Nous quittons la file d'attente, trop longue, pour monter cette fois à l'étage. La montée se fait en marchant sur des gros pavés et non par des escaliers. Une fois en haut, après avoir pris des photos depuis la loge impériale et des photos d'un pan de la porte de marbre (après avoir vu une femme enlever un panneau d'interdiction d'utiliser le flash pour que son homme puisse prendre une photo, Steph me l'enlève aussi pour que je puisse prendre ma photo). Quelques mètres plus loin, nous essayons tant bien que mal de prendre la mosquée bleue en photo à travers une fenêtre ouverte. Elle est un peu trop haute pour moi, il faut que je mette le live view.
Ensuite, plusieurs mosaïques s'offrent à notre vue et notamment la toute dernière, La Vierge à l'enfant, au niveau de l'abside. Je me retrouve coincée dans un coin mais j'en profite pour faire une ou deux photos des "vitraux" à travers une sorte de moucharabier en marbre. Puis, nous repartons et passons devant une exposition photo de la basilique. Nous nous prenons mutuellement en photo devant ces photos pour avoir le décor, sans la foule.
Nous redescendons ensuite, après avoir passé 2h environ dans la basilique. Nous faisons un tour aux toilettes pour rentabiliser les 25 ₺, Steph est surpris par le robinet qu'il faut tourner pour tirer la chasse d'eau.
Nous nous dirigeons ensuite vers la sortie, passons devant des
fontaines
et voyons un panneau indiquant l'entrée pour visiter les
mausolées des différents sultants. Il faut sortir, tourner à gauche
et passer un portique de sécurité. L'agent de sécurité palpe les sacs
et demande à Stéphane s'il a de l'eau dans son sac. Steph ne comprend
pas et pense qu'il lui parle du tube de crème solaire dans son sac. Il
réussit finalement à passer et nous allons dans le premier
mausolée.
Des cercueils
verts de différentes tailles sont alignés. En
ressortant, l'homme de ménage
nous parle en anglais avec un accent à
couper au couteau, je pense ne comprendre qu'un quart de ce qu'il a
dit. Je fais toutefois semblant de bien comprendre car même si ce
vieux monsieur déborde de gentillesse (il nous dit, de sa voix rauque,
de nous méfier des vendeurs à la sortie, il nous indique les bons
quartiers et un bon restaurant où manger - assez éloigné de
Sultanhamet et comme je ne connais pas
Istanbul, difficile de me
rappeler exactement où) il est également très bavard. S'en suivent
trois autres mausolées, qui ressemblent d'ailleurs au premier, si ce
n'est que les cercueils sont cette fois coiffés de turbans blancs de
tailles différentes selon l'importance de la personne "enterrée"
là.
Après cette visite odorante
(je ne sais pas d'où vient cette
odeur mais je l'avais sentie à Ankara avant de la
sentir dans ces mausolées), nous nous dirigeons vers la rue "du
tramway" où Steph avait repéré la veille un salon de thé et surtout
ses vitrines avec ses desserts présentés dans des "bols" en verre.
Nous rentrons, regardons à l'entrée les quantités de loukoums à acheter au poids, puis les services à thé, le café et le thé en libre service avant qu'un serveur vienne nous accueillir. Je lui montre alors le dessert que j'ai repéré et il me dit alors qu'il est au goût chewing gum. Je crois avoir mal compris et le fait répéter... Mais c'était bien ça, arg! Il nous amène alors dans le salon de thé à proprement parler, tout au fond et nous montre les différents desserts dans une vitrine. Ca sera chocolat-framboise pour moi et safran-rose pour Steph. Le dessert de Steph a plus de goût mais la présence de rose est trop forte pour moi, je suis contente de mon choix et rechigne à partager avec Steph d'autant qu'on n'a pas mangé à midi. Il aura droit à deux cuillères de mon "bol".
Nous attendons anxieusement l'addition (les prix n'étaient affichés ni à l'extérieur ni à l'intérieur qui présente bien): 14 ₺ les deux desserts, ouf! Ce n'est pas trop cher!
Nous remontons ensuite la rue du tramway (Divan Yolu Caddesi) puis tournons à droite (Vezirhan Caddesi) avant de voir un panneau indiquant le grand bazar sur la gauche (Tavuk Pazari Sokak). Steph s'attendait à tomber dessus directement, il va falloir marcher un peu (mais c'était moins loin que pour accéder au tramway la veille).
Nous rentrons ensuite dans le bazar (plus un centre commercial
qu'un souk
auquel nous nous attendions) et nous perdons dans ses
dizaines de rues. Stéphane note qu'il y a au moins 40% de bijouteries,
25% de boutiques de souvenirs divers (pashminas, céramiques,
bibelots...) et 25% de vêtements et cuirs (cuirs situés dans une
partie du bazar que nous visiterons en dernier).
Nous sortons ensuite du bazar par là où nous étions rentrés, tournons à droite et coupons par un parc. Nous atterrissons devant une sorte de grande porte avec des inscriptions en arabe et dans notre dos se trouve une mosquée. Nous rentrons dans la cour où des gens se lavent les pieds dans la "fontaine". Steph est en short, il ne peut pas rentrer tel quel dans la mosquée. On voit un agent de sécurité distribuer un voile à une femme et un pantalon à un homme qui l'enfile par dessus son short. Steph ne veut pas mettre de pantalon comme ça, nous partons.
En repartant, nous tombons dans la rue aux livres, dommage, je ne lis pas le turc. Il y a juste quelques guides de la ville en anglais.
Nous retombons sur la rue du tramway que nous traversons et scrutons le menu du Şar). Après avoir beaucoup hésité (je trouve qu'il est trop tôt pour manger, puis il faut choisir quelque chose dans le budget), nous entrons. Je prends une soupe de lentilles (qui pique) puis des pâtes avec un peu de viande et des poivrons et Steph, de la viande et des légumes recouverts de fromage et servis avec un peu de purée.
Puis nous descendons une petite rue dans le but d'aller vers la
mer. On achète six figues jaunes en chemin (dont une de ma part qui
n'était pas mûre) et Steph rentre ensuite dans un Dia acheter des
briques de jus de fruits avec quelques petits gâteaux, pour les jours
au cas où
.
Pendant ce temps, je traverse la rue pour rentrer dans une pharmacie demander du Spafon®. La vendeuse puis un homme (probablement son chef) cherchent sur l'ordinateur puis finissent par me dire que ça ne se fait pas en Turquie. J'essaye d'expliquer pour quoi je veux l'utiliser et ils me tendent une boite. Je demande confirmation, mais ils ne semblent pas comprendre. Finalement, avec l'aide de google traduction, ça semble être le cas. Je récupère le médicament à prendre une fois le matin, une fois le soir à 6.8 ₺. Je note pour plus tard d'essayer de lire la notice quand même.
Je rejoins Steph qui sort juste de Dia avec un sac plein. Nous rejoignons alors la mer et constatons que nous ne sommes pas les seuls. Les gens doivent aimer se retrouver au bord de mer le soir, discuter, tirer à la carabine sur des ballons de baudruche, boire un verre de thé (j'ai vu un vendeur qui avait amené ses propres verres) et même pêcher. Des dizaines de personnes pêchent, il y a même la possibilité de louer sa canne à pêche. Les plus malins sont les chats qui viennent essayer d'attrapper un poisson qui tombe. Lors de la première scène que l'on a vue, des chats entourent trois ou quatres hommes. Celui qui pêche leur donne les petits poissons. Les chats se jettent dessus et emportent leur butin dans leur gueule sous les rochers.
Après une promenade d'un ou deux kilomètres sur le bord de mer à la nuit tombante, nous rejoignons notre hôtel par de très petites rues. Je me sens un peu vulnérable, de nuit, dans des ruelles très populaires avec Steph qui se promène avec son appareil photo à la main, signe ostentatoire de richesse pour certaines personnes.
Juste avant d'aller à l'hôtel, Steph part faire quelques photos de nuit de Sainte Sophie et de la Mosquée Bleue pendant que je file aux toilettes de notre chambre.
Pendant que je tape le résumé de la journée, l'électricité se coupe quelques minutes... Juste assez pour qu'on se demande ce qu'on va faire si ça dure et que la batterie de l'ordinateur lâche... Ouf! Ca revient rapidement et les pleurs de l'enfant de la chambre d'à côté cessent.
