Nous nous levons à 7h30. Au menu du petit déjeuner: thé et deux
morceaux de baguettes avec un petit bout de beurre et un de confiture
pour Sab, moi j'ai opté pour les oeufs brouillés et du pain.
Nous déposons du linge à laver, 1.5 $ le kilo, Sab en a marre de
tout laver à la main. A 8h30, nous partons pour Angkor en tuk-tuk.
Mais avant ça, je veux acheter vite fait une carte SIM cambodgienne
pour mon téléphone portable. Finalement, celle donnée à l'aéroport de
Chiang Mai m'avait bien servie.
Ca prend un peu plus de temps que prévu, la SIM n'a pas la bonne
taille mais heureusement la vendeuse a un emporte pièce pour la
découper. En revanche, Internet ne marche pas, je comprends qu'elle
suggère que c'est parce que le téléphone est bloqué, or ce n'est pas
le cas, il a déjà fonctionné avec une carte SIM thai et une autre
française. Nous passons à un point réparation Samsung
100 mètres
plus loin, ce qui ne débloque pas la situation, nous partons donc chez
Metfone. Après 20 minutes de trajet à 30km/h, la vendeuse trouve la
solution. il fallait activer la 3G par SMS en suivant les
instructions. Cette fois-ci, nous sommes vraiment partis. Il est 9h30,
nous achetons a un poste avancé les billets d'entrée, 40 $ par personne pour un pass de 3 jours (pas
forcément consécutifs, mais à utiliser dans les 6 jours qui suivent).
Nous sommes à Angkor Wat, le plus grand des temples d'Angkor. A peine
descendus du tuk-tuk, nous nous faisons alpaguer par des rabatteurs
pour des visites guidées, nous les ignorons et avançons.
Nous commençons notre visite, une fois plus au calme, un guide
vient nous proposer ses services. Moi, je veux bien un guide pour les
anecdotes et tout et tout, Sab est moyennement emballée, elle en a
surtout assez de se faire sans cesse solliciter. Je prends le guide,
il a un fort accent qui me fait un peu penser à l'accent indien, je
suis habitué, mais Sab aura beaucoup plus de mal à suivre.
Le guide nous apprend qu'Angkor Wat puise son origine dans les mots
nagara
(नगर) et vatta
(वत्त). Le temple est dédié à Vishnu et s'appelait Preah Pisnulok
à l'origine.
Le temple est orienté dans l'axe est/ouest symbolisant respectivement la naissance et la mort.
Nous passons devant un serpent à 7 têtes 
(même si quelques unes ont été détruites) qui représentent les 7 couleurs de l'arc en ciel, d'où le nom de pont de l'arc-en-ciel
pour celui que nous allons enprumter pour rejoindre l'entrée d'Angkor Wat 
. A l'époque, des crocodiles étaient présents dans l'eau.
Une fois de l'autre côté

,
nous passons devant l'ancienne librairie

.
Nous apprenons les ravages des Khmers Rouges et le concept de l'Année Zéro,
où toute culture et tradition à l'intérieur de la société doit être
complétement détruite et une nouvelle culture révolutionnaire
doit la remplacer, recommencant à zéro. Une énorme partie
de l'histoire du pays a été ainsi perdue.
De nombreuses fresques gravées dans les murs narrent l'histoire du
Rāmāyaṇa 
. Le Rāmāyaṇa (sept livres et 24 000 couplets) raconte la naissance et l'éducation du prince Rāma, septième avatar du dieu Vishnou, la conquête de Sītā et son union avec elle.
L'œuvre raconte également l'exil de Rāma, l'enlèvement de Sîtâ, sa délivrance et le retour de Rāma sur le trône.
Le temple est recouvert de nombreuses Apsaras

, des nymphes célestes d'une grande beauté, qui sont aussi bien les compagnes des entités bienveillantes que des démons. Les Apsaras 




symbolisent le plaisir des sens et de l'esprit.
Et dans le temple d'Angkor Wat, il y en a près de 1200 et on dénombre 37 coiffures et tenues différentes.
On peut apercevoir que certaines Apsaras ont juste été dessinées
dans la pierre car le temple fût construit durant une periode de guerre et n'a pas eu le temps d'être terminé.
En marchant dans le temple, nous passons près de différentes statues

dont celle du dieu Vishnu
, un peu plus loin, nous avons une vue un peu plus en hauteur
. Nous sommes dans un musée à ciel ouvert


.
Puis nous passons au centre de l'univers... le centre du temple
.
Le temple 


est construit en grès, mais comme celui-ci est lourd
et difficile à transporter, il ne forme que la couche extérieure et
ce sont des pierres de lave qui sont utilisées à l'intérieur. A certains endroits, les pluies acides ont attaqué le grès et on peut voir apparaître les pierres de lave.
Il a fallu 37 ans pour la construction du temple mais ces 37 années représentent également les 37 étapes nécessaires pour accéder au paradis.
De même, les escaliers
menant au sommet sont raides et comportent 37 marches car l'accès au paradis n'est pas facile.
Après avoir exploré ce lieu exceptionnel, nous repartons. En chemin, la bibliothèque
et une mangeoire pour animaux attirent mon regard
.
En sortant, on nous propose des livres sur Angkor. Le prix imprimé indique
27.50 $, c'est trop cher, je propose 10 $. Finalement,
le prix se stabilise à 15 $, je le prends (j'apprendrai par la suite que Sopheap l'a eu à 10 $).
Sur le chemin pour rejoindre le tuk-tuk, il y a des vendeurs de
nourriture, Sab propose de s'y arrêter. Je propose de prévenir le
chauffeur de tuk-tuk avant, mais Sab me dit qu'il a dû prevoir sa
nourriture. On s'arrête pour regarder les prix: 4 $, je trouve un peu
cher et propose de regarder plus loin, soudain on nous propose tout le
menu à 2 $.
On s'assoit
donc pour manger un loklak 
pour moi, un amok

pour Sab. Je goûte celui de Sab et trouve le amok particulièrement
bon. Nous rejoignons le tuk-tuk qui demande si on veut manger. Nous
lui répondons que nous venons de le faire. Il nous emmène
à Bayon, mais avant nous passons par la Porte Sud 
, une des cinqs portes principales d'Angkor Thom.
D'un côté les dieux souriants 
, de l'autre côté les démons grimaçants
chacun des groupes tiennent à bout de bras un Nāga
, une déité ayant la forme d'un très long serpent.
Arrivé à Bayon le chauffeur nous demande combien de temps on compte y reste,
j'en deduis qu'il n'a pas dû manger. On lui dit 45 min.
De mon point de vue, Bayon est pour l'instant (et il le restera)
mon temple préféré
avec ses têtes géantes 

. L'ambiance est difficile à retranscrire. On
est comme dans de petites ruelles entourées de rochers aux visages
paisibles 



et des Apsaras 


sont sculptées sur les bas reliefs.
En revanche, il y a pas mal de monde et il est difficile
d'éviter les gens sur les photos. Le temple a été construit entre
le XIIe et le XIIIe siècle par le roi boudhiste Jayavarman VII. A
sa mort, le temple fût modifié par les rois successifs
en fonction de leur préférences religieuses (hindou et theravāda).
Puis, nous allons à Baphuon
. Le garde demande à Sab de mettre quelque chose par dessus son t-shirt, elle déduit que depuis les escaliers il devait avoir une vue plongeante sur son décolleté, car elle n'est pas plus découverte que les autres.
La montée des escaliers est raide
. Arrivée en haut et ayant trop chaud, elle finit par enlever le t-shirt supplémentaire.
Nous sommes au premier palier
et il est possible
de monter encore plus haut 
. Nous regardons les constructions alentours 
et découvrons malheureusement un tas de bouteilles
plastiques
laissés à l'abandon par des touristes
Le complexe se révèle beaucoup plus grand que ce que nous pensions: jardin, temple annexe 



, terrasse aux éléphants, ruines au milieu des arbres 

, ...
De retour au
tuk-tuk
, le chauffeur nous demande si nous voulons voir le coucher de soleil.
C'est parti, direction Phnom Bakheng. Il nous dépose auprès du
chemin qu'il faut maintenant monter, monter, et encore monter... On
finit par se retrouver dans une file d'attente importante! Il est plus
de 17h, le site ferme à 17h30, on se demande si on aura le temps de
passer. Finalement, ça n'avance pas trop mal et nous réussissons à
monter la dernière série de marches! Arrivés au sommet, de nombreuses
personnes
attendent
également le coucher de soleil. J'en profite en attendant pour
regarder le temple
.
Puis le soleil se couche, je dois avouer que je suis un peu déçu, je
m'attendais à voir le soleil derrière un temple, il est en fait au
loin sur lac Tonle Sap 


. Sab est aussi un peu déçue au début
lorsque le soleil est encore haut mais une fois descendu près de la
ligne d'horizon, elle trouve le spectacle très beau. Le clou du
spectacle, si l'on peut dire, c'est un avion qui décolle devant le
soleil rougeoyant.
Une fois le soleil couché
, la foule redescend et nous faisons de même après avoir
laissé passer le plus gros. Arrivés en bas, retrouver le tuk-tuk est
une véritable mission. Il fait noir et les tuk-tuks sont nombreux à
attendre tous ceux qu'ils ont déposés. Nous cherchons, cherchons
encore, longeons la route, tournons sur la place et je relonge seul la
route un peu plus loin... Ouf il est là! Nous avons dû passer 10
bonnes minutes à le chercher. Nous rentrons dans la relative fraîcheur
du soir; dans les bois, il y fait bon mais une fois revenus en ville,
c'est de nouveau la fournaise, surtout sans le vent provoqué par la
vitesse du tuk-tuk. Le chauffeur a rangé sa veste numérotée et
délaissé le casque depuis l'après-midi. Arrivés à l'hôtel, nous
posons les affaires et partons à la recherche d'un restaurant, l'hôtel
nous conseille d'aller voir du côté du vieux marché. En chemin, nous
remarquons un vendeur de sacs de voyage et un autre de sacs en crocodile, puis
DHL, un restaurant qui fait un repas special Noël (à 18 $), un marchand
de glace et le marché de nuit. Finalement, nous trouvons notre
restaurant le Blue Wave
, il propose des plats cambodgiens à des tarifs plus
abordables (3 $ a 4 $) que les précédents.
C'est Noël, on commande un Mai Tai (qu'on avait adoré en Thaïlande)
et des amoks. Les Mai Tai sont très longs à arriver. Au bout de 20
minutes, je vois le serveur qui passe, un sachet plastique à la main
avec une bouteille qui me semble être du jus de fruit. A mon avis, il
devait lui manquer un ingrédient car sitôt revenu, nos Mai Tai
arrivent. Ils sont forts, pas aussi bons qu'en Thaïlande. Les amoks au
poulet
arrivent, ils ne ressemblent pas tout à fait
à celui de midi et sont dans une feuille de bananier. Finalement, ils
sont très bons. Au moment de payer, le serveur me dit
thirty
. J'ai un instant de frayeur, je me dis qu'il s'est
trompé de prononciation pour thirteen
, bingo c'est ça. Il
revient me voir 30 secondes plus tard, il s'est trompé c'était
14 $.
Sabrina a un fou rire commencé dans le restaurant qui a duré bien
longtemps, jusqu'à ce qu'on arrive vers DHL. Lorsque nous passons
devant le glacier-pâtissier, Sab décide de prendre une glace
mangue/coco et honte sur moi, je prends un gâteau bien français, un
opéra. La monnaie nous est rendue pour la première fois en Riels. De
retour à l'hôtel, le linge déposé le matin nous attend, il n'y a plus
qu'à le payer (1Kg = 1.5 $).