Le Taj Mahal dans le brouillard et les premices de la tourista

  Récit de voyage

 Le Taj Mahal dans le brouillard et les premices de la tourista
StéphaneSabrina

Nous nous levons à 5h45 pour le lever de soleil sur le Taj Mahal. Le réceptionniste n'est pas levé mais il semble y avoir plusieurs personnes dans une chambre près de la réception. Stéphane frappe à la porte (grande ouverte) et un homme vient nous ouvrir, à nous le Taj! Les rues sont presques désertes mais quelques personnes s'affairent déjà. Nous arrivons près de l'entrée Ouest comme nous l'a conseillé notre chauffeur la veille, il n'y a personne sauf un guide qui tente de trouver des clients. Steph est tenté de le prendre car il lui dit qu'il lui trouvera de bons spots pour les photos mais je fais de la résistance. Nous nous asseyons et deux françaises se font également accoster par le guide.

Nous discutons, elles sont en Inde pour un mariage et en profitent pour visiter un peu le pays avant. Nous parlons du prix des pasheminas, aux alentours de 60€ pour des vraies. Le temps passe et une file se forme au guichet, 50 mètres plus loin... alors que nous étions les premiers. Billets achetés, nous récupérons la bouteille d'eau et les surchaussures offertes avec. Et c'est à ce moment là que nous apprenons que la securité est encore plus drastique que dans un aéroport. Sont uniquement autorisés: matériel photo, téléphone, passeport et argent. Nous partons donc à la recherche des casiers, situés à 500 mètres. Ils sont juste en train d'ouvrir, le sac vidé et rangé dans le casier nous partons. Ah non, j'ai oublié de déposer un de mes nombreux cadenas. Cette fois c'est parti. A mi-chemin, Steph pose la question fatidique, où sont les billets? Dans le sac qui est dans le casier, évidemment. Nous faisons demi-tour en vitesse pour les récupérer, c'est clair nous ne serons pas parmi les premiers à rentrer.

Nous commençons à faire la queue, 4 en tout, femme/homme, natif/étranger. Enfin, ça aurait dû être comme ça mais nous ne comprenions pas dans quelle file aller exactement, même si nous avions lu comment cela fonctionnait. Les files étaient séparées entre high value tickets et low value et personne n'a fait attention que les indiens payaient moins. Nous arrivons ensuite vers les détecteurs de métaux et la sécurité, le moindre chewing-gum ou morceau de nourriture est traqué, le personnel veille à ce que tout autre équipement comme les lampes frontales ne rentrent pas dans l'enceinte et les touristes sont priés de partir déposer tout ça dans les casiers.

Nous entrons enfin, nous ne sommes pas les premiers, mais de toute façon, vu le brouillard ambiant, inutile d'espérer voir le moindre rayon de soleil frapper le Taj Mahal. Nous passons récupérer l'audio guide que j'ai payé 120 ₹ avant de faire la queue, il y aura 60 ₹ de pénalité si on le ramène après 9h10.

Nous commençons enfin à proprement parler la visite du lieu. Nous passons sous une grande porte , qui nous dévoile.... rien! Le Taj Mahal, ce mausolée de marbre blanc construit par l'empereur moghol Shâh Jahân en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam, est complètement occulté par le brouillard . Au fur et à mesure que nous nous approchons, nous arrivons à distinguer quelques contours. Et evec le temps le brouillard ce levera un peu sur le Taj Mahal . Des motifs floraux recouvrent l'exterieur de la mosquée, soit sculptés soit en marqueterie. Et ce ne sont pas moins de 28 types de pierres fines ou ornementales qui furent utilisées pour composer la marqueterie incrustée dans le marbre blanc. Sur le coté du mausolée se trouve une mosqué et afin de ne pas rompre la simétrie du lieu un batiment identique à également été construit de l'autre coté.

Steph est fatigué et il a le ventre qui tire, il met ça sur le compte de la faim, nous n'avons rien mangé en nous levant.

Nous apprenons que les minarets sont légèrement inclinés vers l'extérieur, ce qui donne à la fois une impression plus imposante et une protection de la structure en cas d'effondrement de ceux-ci.

Steph envoie un SMS pour confirmer à notre chauffeur que nous serons devant l'hôtel à 10h et nous dirigeons vers la sortie, en jetant un dernier coup d'oeil sur le Taj Mahal .

Je dépose l'audio guide à 9h15, je dispensée de payer la pénalité de 60 ₹ contre quelques pièces dont fait collection la guichetière. Au final, les quelques centimes d'euros (37?) laissés sont proches de la pénalité.

Nous rejoignons l'hôtel, terminons vite fait les valises, 9h55, 5 minutes avant le checkout. Nous ne voyons pas notre chauffeur, pourtant la veille, il avait quasiment juré/craché, qu'il serait là à 10h quoiqu'il arrive (que nous confirmions ou non). Steph l'appelle, il lui dit qu'il arrive dans 5 minutes. Il lui faudra en fait 30 minutes, temps pendant lequel la concurrence se presse pour prendre sa place. Nous entamons les gâteaux aux fruits secs achetés la veille en gare, nous n'avons pas encore déjeuné et mon ventre gronde.

Nous partons pour Fatehpur Sikri, le chauffeur nous indique que son fils va prendre le relais un peu plus loin. Nous payons l'autoroute (64 ₹) et le parking (50 ₹) qui n'étaient pas compris dans le prix.

Nous arrivons sur place, enfin à 1km de là, car il faut prendre un bus pour y aller ou continuer à pied. Notre chauffeur nous conseille de prendre un guide qui rentre dans la voiture et nous explique qu'il nous fera la visite, j'entends pay what you want, nous vérifions malgré tout le badge et son accréditation (avec derrière les tarifs... 600 ₹ pour 1 à 5 personnes). Plus tard, nous verrons autour du site que les tarifs sont de 250 ₹ pour 1 à 5 personnes pendant 2h maximum et 300 ₹ pour les autres langues que l'anglais .

Nous prenons le bus (qu'on oubliera de nous faire payer) pour accéder au fort en haut de la colline. Quelques marche et la porte principale de passée et nous somme dans le fort . La visite du site est un peu rapide à notre goût, Steph n'hésite pas malgré tout à faire des pauses pour prendre des photos.

Le premier batiment que nous visitons et le Hall des audiences célèbre pour son pilier central décoré dans le style gujarātī, complexe et fleuri.

Nous passons la encore par quelques points shopping.... Notamment pour faire un voeux en achetant un vêtement qui sera de posé sur la tombe de Salim Chishti . Il paraît que Nicolas et Carla y sont passés aussi et qu'ils ont eu leur fille peu de temps après. Nous n'achetons pas les fameux tissus et cordelettes, nous ne croyons pas que cet argent ira pour les orphelins comme nous le dit le digne homme en nous montrant un prospectus, il y a suffisamment de vendeurs dans la cour pour qu'on ait un doute.

La visite terminée, le guide nous dit que le bus vient de partir mais que nous pouvons prendre un tuk-tuk (5 ₹ contre 50 ₹ pour le tuk-tuk). Je lui réponds que nous ne sommes pas pressés et que nous attendrons. Un groupe d'enfants tente alors de nous faire acheter des cartes postales et diverses babioles, nous refusons poliment mais ils insistent... Il faudra l'intervention de notre guide pour qu'ils partent.

Finalement, le bus arrive, nous montons et payons les 5 ₹ chacun. Une fois arrivés au parking, s'entame une discussion animée, Stephane ne veut donner que 400 ₹ sur les 600 ₹ qu'il y avait d'indiquées sur la carte. Le guide dit qu'il manque de l'argent, Stéphane répond qu'on nous a dit qu'on donnait ce qu'on voulait. Le guide finit par appeler son chef qui nous dit que nous étions d'accord (ce qui n'était pas entièrement faux) mais j'argumente que dans ce cas là, on ne dit pas qu'on donne ce qu'on veut. On finit par donner les fameuses 600 ₹ et nous repartons vers Agra.

Le chauffeur nous arrête dans un premier restaurant mais le moindre plat coûte 300 ₹, trop cher pour nous. Le chef essaye de négocier mais nous repartons. Le chauffeur nous arrête alors dans une deuxième restaurant, végétarien celui-ci. Il nous demande si ça nous va et nous acquieçons. Steph mange léger car il est un peu barbouillé (pommes de terre et champignons ainsi qu'un naan fourré à la pomme de terre) et moi un thali avec également un naan fourré à la pomme de terre. Avant de partir, Steph passe aux toilettes... Les prémices d'une bonne tourista.

En arrivant à Agra, le père remonte dans la voiture et nous amène voir la technique pour faire des tapis. Deux hommes sont dans la cour en train de travailler, le chef nous montre comment on fait pour les fabriquer à la main, je me dis mentalement qu'il faudra que je regarde en ressortant s'ils sont toujours là, mais j'oublie de le faire. Nous n'y restons pas longtemps, nous n'aimons pas trop les tapis pour l'entretien en général et ceux là ne sont en plus pas notre genre. En plus, on a une bonne excuse, Steph est malade. Le chef n'insiste pas trop et nous repartons. Nous croyons en avoir terminé mais non, on passe par un magasin de pashminas. Comme il s'agit tout de même d'articles qu'on achèterait bien comme cadeau, nous regardons. Même si je trouve que le vendeur en fait un peu trop pour être honnête et que je le crois à moitié (il m'appelle sister, nous montre des photos de sa famille qui fabrique soit disant les pashminas) son bagout est efficace, nous lui prenons deux pashminas non sans avoir négocié cette fois. Stephane a besoin d'aller aux toilettes, les toilettes sont dans leur atelier à côté. Une fois cette formalité accomplie, nous remontons dans la voiture, le chef nous accompagne et dit un mot au chauffeur, surement le montant le montant de sa commission. Il nous dépose ensuite à la gare, Steph fait le tour de la gare pour trouver de l'eau gazeuse pour soulager ses rototos mais point d'eau gazeuse, juste du coca que Steph préfère éviter pour l'instant.

Nous montons dans le train, nous installons. Nous sommes bien confortable en AC chair. Un homme change de place pour laisser ensemble une famille, il s'installe en face de nous. C'est un luxembourgeois qui fait le tour de l'Asie. Nous partageons nos impressions et nos conseils. On nous amène d'abord une bouteille d'eau puis un petit apéritif composé de biscuits, d'un beignet, de cacahuètes et de thé. Quelques minutes plus tard, le repas arrive dans des barquettes en alu: du riz et deux plats en sauce, des rotis (sorte de naans très fins) enroulés dans de l'alu et une banane puis une glace à la vanille. Steph ne mange presque rien, il avale un Tiorfan en guise d'accompagnement avec le riz et la banane. Quant à moi, je mange même si on a mangé tard et que je n'ai pas très faim. Notre voisin fait de même, il a mangé juste avant de monter dans le train. A un moment, le train s'arrête une bonne demi-heure, on croirt à une panne mais le train arrivera à l'heure à Jaipur, même un peu en avance: à 22h10 au lieu de 22h20. Nous sortons de la gare, nous faisons arranguer par les chauffeurs de tuk-tuks et de taxi quand notre chauffeur arrive, il nous attendait sur le quai.

Nous lui donnons le nom et l'adresse de l'hôtel, il a un peu de mal à trouver, demande son chemin et finit par nous déposer au bon endroit. Nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin, 9h et faisons le check in. Notre chambre est un palace comparée à celle de Delhi et les serviettes sont joliement pliées sur le lit. Steph retourne aux toilettes, la nuit promet d'être longue...

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