Récit de voyage
Steph s'est levé plusieurs fois dans la nuit (environ toutes les 1.5 heure), je ne m'en rends pas compte avant 4 ou 5 heures du matin, après ça, je me réveille à chaque fois qu'il se lève. Vers 9h30, nous descendons pour le check out, Steph prend une bouteille d'eau supplémentaire et nous montons en voiture.
Le paysage défile sous nos yeux, des villages, des buffles, des chèvres, des chiens, des vaches qui occupent la route tranquillement sous les coups de klaxons des voitures et des camions. Certaines bougent, d'autres non. Les automobilistes les évitent alors en ralentissant. Ces mêmes vaches, je me demande parfois ce qu'elles trouvent à manger. En ville, parfois certaines personnes leur amène de l'herbe mais le plus souvent je crois qu'elles se contentent des restes de nourriture glanés par terre, dans un tas d'ordures.
A plusieurs reprises, j'ai eu quelques frayeurs lorsque le chauffeur doublait un camion et qu'une voiture faisait de même en face. Il n'accélérait pas franchement et je voyais la voiture et le camion qui se rapprochaient... Nous sommes heureusement passés chacun de notre côté à temps. Stéphane s'assoupis malgré la chaleur dans l'habitacle.
Vers 13h, nous arrivons à notre hôtel. La chambre est spacieuse. De loin, tout semble bien mais c'est en y regardant de plus près qu'on se rend compte que le ménage n'a pas été fait sérieusement, comme d'habitude en Inde: des moutons traînent par terre, la poubelle de la salle de bain n'a pas été vidée, une table dans un coin est recouverte de poussière et une autre comporte des traces de verres et de nourriture séchée, la taie de mon oreillée n'a pas été changée bien que le lit semble frais... La robinetterie de la salle de bain est comme d'habitude encrassée et le miroir n'a pas été lavé depuis bien longtemps. Mais bon, ce n'est ni pire ni mieux qu'ailleurs, notamment à Jodhpur où l'on était la veille et dont la salle de bain avait besoin également d'un coup d'éponge (lavabo et miroir, le sol ayant l'air propre). Je donnerai un coup de désinfectant sur les toilettes et le sol vers la douche après le repas.
Nous nous dirigeons donc vers la terrasse, Steph prend un riz frit
et moi je me sers au buffet: riz, pommes de terre en sauce et
poulet. J'évite de prendre trop de sauce, au cas où. Avec mon menu
buffet
j'ai droit à une mandarine, ça fait longtemps, je
l'apprécie. Je prends également un thé et nous demandons
l'addition. Aïe, le buffet est à 320 ₹, le riz frit à 130 ₹ et la
bouteille d'eau à 40! Un homme fait le tour des tables avec un grand
carnet, c'est pour le check in. Il fait les photocopies de nos
passeports puis nous remplissons les différents formulaires. On a
presque l'habitude, sauf que cette fois, au lieu de remplir seulement
dans un grand carnet, on le fait également sur une feuille
photocopiée.
Nous retournons à la chambre, Steph se couche, il est trop fatigué. Il a essayé d'envoyer un SMS au chauffeur pour lui dire qu'on se reposait mais il n'y avait plus de réseau. Je finis par retourner vers le parking où je lui explique la situation, il me répond qu'il n'y a aucun problème, qu'on ira le lendemain après le check out à midi. Je lui dit que j'ai vu que le check out était à 10h30, il me répond qu'il verra ça avec la réception. Il m'indique qu'il y a un point de vue derrière la colline avec un lac, je me dis que pour le coucher du soleil ça peut être sympa.
Je retourne à la chambre, Steph est toujours couché, le bruit du loquet que je referme le réveille. Je lui explique que j'ai été voir le chauffeur. Je vois un ou deux moustiques rôder, je mets une prise antimoustiques. Steph se rendort, je finis d'écrire les cartes postales que l'on a achetées, je colle les timbres et je finis par m'endormir à mon tour aux alentours de 16h. Nous nous réveillons vers 17h30, il y a une jolie lumière dorée dehors, nous nous décidons à sortir. Arrivés sur la route principale, je regarde sur locus, le village le plus proche est à plus de deux kilomètres à vol d'oiseau. Steph est trop crevé, il retourne se coucher dans la chambre. Moi je pars dans la direction par laquelle nous sommes arrivés, le village que j'avais repéré est en fait de l'autre côté.
J'avance et je vois des maisons faites en branchages de l'autre
côté d'un ruisseau. Des enfants me disent hello
en agitant la
main, je fais de même mais n'ose les prendre en photo. Je continue et
vois deux chiens qui s'amusent
ensemble. Comme ils s'attrappent
avec leur gueule, je n'ose m'approcher. Du coup, je prends une plante
et ses fleurs en photo et quelques insectes dessus. Deux européens
accompagnés d'un indien passent à pied, je leur emboîte le pas, je me
sens moins seule et peut-être qu'ils iront au point de vue sur le lac,
ils ont un petit réflex. Plus loin, je vois un panneau l'indiquant
mais je ne vois pas de chemin, je continue donc. Nous passons près
d'un arbre où il y a de nombreux singes, l'européen s'approche un peu
trop près de l'un d'entre eux, ça ne lui plaît pas, il pousse un cri
en ouvrant grand sa gueule. Je fais bien attention en passant à côté,
je n'ai pas envie de me faire griffer.
Les européens tournent à un snack, je l'avais repéré en venant en
voiture mais je continue encore un peu. Un homme avec son turban
traditionnel sur la tête ramène ses chèvres, clic clac, je le prends
en photo. Juste derrière, un pont n'enjambe qu'une rivière asséchée,
je décide de faire demi-tour. J'arrive presque au snack quand un homme
me demande d'où je viens, je la connais cette phrase. Il me demande si
j'ai un hôtel, il me prenait pour une randonneuse avec mon sac à
dos. C'est sûr, les crocs aux pieds ça fait randonneuse. J'ai dépassé
le snack quand l'homme tourne pour rentrer chez lui, je fais demi-tour
et vois les européens assis à une table. Je demande à un serveur le
prix de l'eau, 20 ₹, plus abordable que l'hôtel! J'en prends trois que
je cale dans le sac à dos et je rentre. La nuit tombe, je n'y vois
presque plus, j'envisage presque de sortir ma lampe de poche-chargeur
de téléphone. De toute façon, je n'y vois rien quand les gens passent
avec leurs phares allumés, je suis éblouie. Je croise pas mal de gens,
tous quasiment me disent hello ou namaste. Un gamin sur son vélo
entame la conversation, il me demande dans quel hôtel je suis
(peut-être pour m'en conseiller
un?) et je crois comprendre
qu'il me demande si j'ai une soeur juste au moment où j'arrive à
l'hôtel, mais j'ai du mal comprendre.
Je lui dis au revoir et je rentre. Steph est dans le noir, couché. Je lui demande s'il dormait, sa réponse me fait comprendre que oui, il n'arrive pas à former une phrase compréhensible. Je n'ai pas faim, je suis presque barbouillée, je décide de jeûner. Steph part un peu plus tard demander un riz frit à manger dans la chambre. Une dizaine de minutes plus tard, un serveur nous amène deux assiettes avec le riz frit ainsi qu'une salière sur un plateau argenté. Nous n'avons même pas pensé à le prendre en photo! Steph n'en mange que la moitié mais ça ne me tente absolument pas, limite ca me dégoute. Je me contenterai d'une ou deux bananes lorsque la faim se fera sentir. Encore un moustique... On passe à l'offensive, je mets une deuxième prise électrique en route, on va pas se faire boulotter, non mais!
Steph a eu chaud, je lui dis qu'avec sa polaire c'est normal mais
il préfère prendre sa température. Je sors le thermomètre rectal:
37,6° , Steph est rassuré. J'entends du bruit dehors, je dis à Steph
de remonter son pantalon mais il n'a pas encore eu le temps de le
faire que le serveur rentre juste après avoir frappé à la
porte. Sorry
dit-il, peut-être car il a eu le temps
d'appercevoir les fesses de Steph. Il repart avec son plateau en
oubliant la salière et une assiette.
Ca doit être une habitude ici d'entrer directement après avoir
frappé car à Jodhpur, l'homme de l'accueil nous avait fait le même
coup pour nous demander nos passeports. Il faut dire qu'on ne peut pas
simplement fermer la porte, soit on la pousse juste, soit on la ferme
à clé
, un cyclindre coulissant venant se loger dans le mur,
souvent il y en a un deuxième plus petit en haut de la porte. Quand on
sort, on utilise le même système mais on peut en plus passer un
cadenas dans la fermeture pour qu'elle ne soit pas accessible à qui
n'a pas la clé (le système est parfois possible de l'intérieur aussi
mais l'intérêt de mettre le cadenas à l'intérieur est limité).
Ca va progressivement mieux pour moi meme si je vais une fois aux toilettes, soit c'est la sieste qui m'a barbouillée (même si je ne le sentais pas lors de ma balade) soit c'est psychologique, on verra comment se passe ma nuit.
