Récit de voyage
Nous nous levons vers 8h alors que nous pensions avoir mis à 7h45. Stéphane s'est trompé d'alarme et avait mis celle des jours de la semaine au lieu de l'alarme unique. Nous allons ensuite prendre notre petit déjeuner, la française est là ainsi que le couple chino-allemand. Nous prenons un thé, deux tranches de pain avec du beurre et de la confiture pour moi et seulement de la confiture pour Steph. Je mange également un idly nature, c'est un peu dur tout seul.
Nous retournons ensuite à la chambre prendre nos affaires et nos vélos et en voiture Simone! Nous partons pour le visitor's center. Là, nous attendons un petit moment à l'extérieur puis un garde nous fait entrer pour voir la vidéo permettant d'avoir accès au point de vue ensuite. Il s'agit d'une salle avec des grandes marches où l'on s'assoit (sur des coussins), ressemblant à un amphithéâtre mais de forme moderne, comme une salle de cinéma. Le garde fait rentrer tout le monde, une vidéo tourne déjà. Puis il lance la bonne vidéo en soulevant une trappe en bas des marches, au centre dela pièce. Juste en dessous, un lecteur vidéo qu'il lance avec une télécommande avant de sortir. La vidéo explique la création du Matrimandir et dure 10 minutes puis nous ressortons et allons chercher nos passes à l'accueil du bâtiment. L'employée demande si nous avons bien vu la vidéo, nous répondons que oui, mais aurions pu "gruger" en rentrant de l'autre côté et en mentant.
Nous gardons notre précieux sésame pour l'après-midi et attendons l'ouverture du bureau pour faire la visite guidée du matrimandir. Nous montons juste après deux ou trois indiens et attendons, ce n'est pas encore ouvert. A 10h, ça ouvre mais on nous passe devant. Nous attendons debout près du bureau pour être les prochains, manque de chance on nous dit de nous assoir mais les seules places disponibles par deux sont au fond. Je dis à Steph qu'on va se faire griller la place et bingo! Nous attendions dehors depuis un moment mais les premiers rentrés sont les premiers reçus...
Nous attendons patiemment quand une jeune femme vient vers nous et nous demande de participer à un questionnaire. Que si notre tour vient, on peut arrêter et reprendre après. Nous acceptons et remplissons le questionnaire qui porte essentiellement sur nos convictions écolo, notre façon de vivre et nos vacances en Inde. Notre tour arrive enfin, nous lâchons nos questionnaires et demandons la visite. L'homme nous propose pour lundi, nous lui expliquons que nous partons le lendemain soir, il nous donne alors un carton orange en disant "liste d'attente". Il faut se présenter le lendemain à 8h45 pour voir la vidéo. Nous ne sommes pas sûrs d'avoir bien compris car ce carton ressemble tout de même à un passe.
Nous terminons notre questionnaire et sortons. Nous attendons un français qui aura peut-être confirmation mais il ne vient pas, nous en avons assez d'attendre, nous partons. Nous enfourchons notre vélo et allons à Kottakarai pour trouver la fabrique de spiruline, de bambou et d'instruments de musique que nous a conseillé la française la veille. Nous pédalons et arrivons enfin à Kottakarai. Nous sommes dans la rue principale, mais nous ne voyons rien qui ressemble à ça. Nous demandons à un indien qui ne comprend pas ce qu'est la spiruline. Nous repartons en arrière, j'ai repéré une petite rue qui monte, c'est peut-être là. C'est reparti pour le pédalage sous une chaleur croissante mais toujours rien. Demi-tour dans une petite rue qui coupait la petite rue. Nous hésitons, une indienne qui ne parle pas anglais nous indique un chemin à droite, puis alors que nous partons, nous crie quelque chose montrant qu'il faut tourner à gauche au bout de la route. Nous tournons donc à gauche et arrivons dans un cul-de-sac où se trouve Sapney Farm à gauche. L'indienne devait penser que nous les cherchions.
Nous passons le portail fermé, du monde semble écouter une petite conférence sous un bâtiment sans mur mais avec un toit. Personne ne nous prête attention, nous allons nous mettre à l'ombre un peu plus loin dans le jardin. Nous nous reposons et entendons applaudir, nous pensons alors que la conférence est finie et nous repartons pour demander notre chemin.
En fait, elle n'est pas finie mais un indien vient nous demander ce qu'on cherche. Nous lui expliquons, il demande à un européen en dreadlocks de venir nous voir, nous réexpliquons notre demande et il dit à l'indien que ça doit être à Wanaaga (? pas sur de la dernière syllabe mais le début oui). L'indien sait alors où ça se trouve, il peut nous expliquer. L'européen retourne alors s'assoir écouter sa conférence et nous ressortons. Il nous dit d'aller à gauche, encore à gauche puis à droite. En gros, c'est au même niveau que la ferme mais un peu plus loin. Il nous dit de demander Ganesh Bakery, tout le monde connaît. Comme les routes sont plutôt des chemins, nous nous perdons à nouveau, je demande à une petite vieille le chemin pour Ganesh Bakery. Elle ne parle pas anglais mais nous montre qu'il faut revenir en arrière et tourner à gauche,ce que nous faisons. Nous nous enfonçons dans la forêt et hésitons encore, nous rentrons sur un chemin privé, le portail est fermé mais il y a une ouverture sur la droite pour les piétons. Au bout du chemin se trouve une maison derrière un autre portail, un chien aboie pour avertir ses maîtres qui arrivent peu de temps après. Je demande à nouveau aux habitants comment aller à Ganesh Bakery, un jeune homme me dit de tourner à gauche en sortant. C'est reparti!
La prochaine intersection nous amène enfin devant un panneau. La fabrique de spiruline se trouve sur la gauche et les bambous en arrière. Comme nous sommes devant l'espace pour les instruments de musique, nous avons tout à portée. Nous décidons de commencer par les instruments de musique. Il faut enlever ses chaussures avant d'entrer et les photos sont interdites. Il y a différentes sortes d'instruments: métalophones, ocarinas, pierre noire striée dont avait parlé la française (mais dont je ne me rappelais pas) et d'autres dont je ne connais pas le nom. L'ambiance est zen, tout le monde teste les instruments sans que ça ne soit trop la cacophonie, sauf à un moment où la vendeuse essaye de parler au téléphone et où elle demande le silence (mais à ce moment là, nous ne jouons pas, ce sont d'autres clients qui se font sermonner). Je craque sur des mini ocarinas et nous resortons.
Une fois les chaussures remises, nous passons le portillon ouvert et voyons qu'il a des cordes tendues, c'est un instrument de musique en lui-même et nous ne l'avions pas vu en entrant. Nous reprenons notre vélo pour quelques dizaines de mètres et entrons dans un terrain avec plusieurs bassins où de l'eau verte stagne. Steph prend quelques photos avant d'approcher d'un bâtiment où des chaussures sont alignées le long du mur, près de la porte. Une femme en sort en voyant passer Steph et demande ce que nous voulons. Nous lui répondons que nous voulons visiter la "ferme" et elle appelle alors une autre femme, plus "spécialiste". A mon avis c'est surtout qu'elle parlait mieux anglais qu'elle car la spécialiste nous a ensuite fait un speech sur la fabrication de la spiruline qu'elle a dû apprendre par rapport au livret qu'elle tient et qui montre des photos des différentes étapes avec un texte en anglais en dessous. Je prends une boîte de spiruline, c'est vraiment pas le même prix qu'en France! Je prends également une boite de neem, censé être un purifiant naturel que je n'avais pas encore pu tester en France.
En sortant, nous reprenons quelques photos et repartons sous la chaleur de plus en plus écrasante. Nous décidons de nous arrêter manger à Ganesh Bakery, signalé dans le plan d'Auroville. Nous entrons dans la boulangerie, nosu ne voyons que des petits pains en vitrine mais je trouve une carte avec les plats que nous pouvons commander. Nous nous installons sur la terrasse ombragée et décidons de ce que nous allons manger: un riz végétarien pour chacun, un coca pour moi, un plain soda (eau gazeuse) pour Steph ainsi qu'un cake à la banane. Nous ne pouvons terminer le riz mais Steph tient à son cake!
A côté de nous, une française parle via skype à son mari avec sa tablette et nous profitons de leur conversation: comment est le temps (pluvieux, la neige est annocée à Annecy alors qu'en Inde il fait presque 40 degrés), comment vont les chats, et les élections? Elle parle également d'un kambucha qui attire mon attention, une boisson orangée à base d'un champignon? Avant de payer l'addition, je prends un kambucha à emporter et Steph reprend une eau gazeuse pour la route. Le kambucha est, d'après la vendeuse, un thé froid, mais au goût, je trouve que ça ressemble à du cidre (avec presque pas de bulles).
Nous repartons pour les bambous, non loin de là. Nous voulons demander confirmation au magasin d'instruments sur le chemin mais il est fermé. Un panneau est situé non loin de là à gauche en repartant. Nous passons un petit pont encerclé d'un treillis de lamelles de bambou. Nous avons l'impressions qu'il se casse la figure mais non, c'est la forme initiale. Puis nous entrons dans le jardin après avoir garé nos vélos. A gauche se trouve un bureau, Steph préfère y passer demander la permission de visiter qui nous est accordée. Des panneaux expliquent l'utilisation du bambou et sa force (plus résistant que l'acier!). Des constructions en bambou attirent le regard, il y a même une machine à remonter le temps! Il y a aussi une maison (non finie) en bambou et en terre et un atelier tout en bambou. La boutique est intéressante, on y apprend qu'on fabrique du savon à base de charbon debambou mais rien qui ne nous tape dans l'oeil.
Nous reprenons notre vélo pour retourner au visitor's centre. Je
suis devant, je passe un chien qui ne me dit rien mais quand arrive
Stéphane, il lui aboie dessus et se met à lui courir après. Steph se
met à pédaler plus vite pour le distancer mais ça lui fait dévier sa
trajectoire vers le bord de la route, il pense qu'il n'arrivera pas à
se remettre dans le droit chemin et que quitte à se faire mordre,
autant ne pas tomber. Il décide alors de s'arrêter proprement ce qui
stoppe net le chien. Un peu plus loin, j'assiste à la scène et je
pense qu'il s'est arrêté pour crier après le chien mais même s'il lui
a dit connard
, je doute que ce soit ça qui l'ai arrêté,
peut-être plus la surprise.
Nous pédalons à nouveau et arrivons au visitor's centre pour le
point de vue sur le matrimandir. Il fait chaud, Steph ne rêve que
d'une eau gazeuse fraîche. Nous déposons nos vélos et allons nous
renseigner pour savoir où se trouve le distributeur de billets le plus
proche. A l'accent, je devine que notre interlocutrice parle
français. Elle travaille pour Auroville France et vient passer 6 mois
à Auroville, tous les ans, à la période fraîche
depuis 34 ans. Elle
nous parle du "yoga du travail" qui est le but d'Auroville, de l'eau
qui va se raréfier dans les mois à venir car il n'y a pas eu de
mousson cette année, et du fait qu'il commence à y avoir un peu moins
de monde du fait de la chaleur. Elle nous conseille quelques documents
de la boutique si on veut en savoir plus. J'achète d'ailleurs un
livret sur les mandalas, une collection de cartes postales et un autre
livret pour les photos du matrimandir. Elle nous demande si nous
allons visiter le matrimandir, nous lui parlons de la réservation,que
nous espérons que ça sera bon pour le lendemain car nous partons à
Bangalore en bus de nuit. Elle nous a répondu que les routes du coin
ne sont pas faciles. Aïe! Elle a compati en nous voyant arriver,
pédaler sous le soleil brûlant n'est pas facile. Du coup, en sortant,
nous décidons d'aller à la cafétéria. Je prends un sirop d'hibiscus et
Steph le demande avec un soda. Une fois réhydratés, nous partons à
pied, le chemin est ombragé et parsemé de petits panneaux de pierres
représentant des fleurs et des "qualités". Au portail vers le
matrimandir, on nous poinçonne notre ticket et nous avançons sur le
chemin qui amène au point de vue. Le matrimandir se dévoile au dernier
moment même si on l'aperçoit un tout petit peu en y allant. Tout le
monde se fait prendre en photo sur le petit monticule face au
matrimandir, nous n'échapons pas à la règle. Un groupe d'indiens d'une
dizaine de personnes me demande même de les prendre en photo mais ils
ont la peau foncée, sont à l'ombre et le matrimandir derrière est en
plein soleil. C'est sous-exposé, je tente de modifier les réglages
mais je ne suis pas entièrement satisfaite. Tant pis!
Nous lisons un texte sur le matrimandir, la mère et l'arbre banyan puis nous repartons. Arrivés vers le portail, je me rends compte que nous n'avons pas pris l'arbre en photo, je refais demi-tour puis je rejoins Steph qui en a trouvé un autre, vers l'entrée. Du coup, je sors mon grand-angle et je m'amuse.
Il est temps de repartir, il est trop tard pour aller ailleurs, de toute façon le pédalage sous 40 degrés à l'ombre (et combien au soleil?) nous a bien fatigués. Il faut toutefois aller retirer de l'argent si nous voulons pouvoir payer la guesthouse, Steph m'accompagne jusqu'à la bifurcation entre la route principale et celle qui mène à notre guesthouse, il va m'attendre là. Un homme en moto s'arrête pour lui demander si ça va suivi au bout de 10 bonnes minutes par les agents de sécurité de l'entrée. Steph répondra à chaque fois que oui, il attend juste quelqu'un.
De mon côté, je pédale encore, c'est qu'elle est longue la route avec la fatigue de la journée. Quand j'arrive enfin au distributeur, sur ma gauche comme me l'avait dit la femme du visitor's centre un peu plus tôt. Je "gare" mon vélo juste vers l'entrée, devant une chaise en plastique vide qui se révèle être celle de l'agent de sécurité du distributeur parti faire une pause. Hé oui, ici tous les distributeurs ont un agent de sécurité, la main d'oeuvre le coûte pas cher! J'ai bien collé mon vélo à sa chaise, tant pis il attendra, je rentre juste dans la petite pièce non climatisée (dommage!) du distributeur. Là, je demande 8000 ₹, le distributeur me répond que ce n'est pas possible. J'essaye sur mon compte courant, sur mon épargne, niet! Bon, ben ça sera 4500 ₹ alors. J'hésite dix secondes à retenter 4000 ₹ mais je me dis que s'il y a besoin, nous échangerons les euros que nous avons en poche, parce qu'à chaque fois que je retire, j'ai des frais, proportionnels à la somme demandée mais également fixes.
Je repars et finis par rejoindre Stéphane à la bifurcation. Nous rejoignons notre maison d'hôte et je prends une bonne douche fraîche suivie d'une baignade dans la piscine. Mais même presque entièrement dans l'eau, les moustques ont réussis à me piquer au visage, je ne trâine pas et rentre avant que Steph ne m'ait rejoint sur la terrasse comme il me l'avait dit.
Nous attendons un moment puis vient l'heure du repas. Tout le monde est déjà installé et a commencé à manger la salade. D'un côté de la salade verte et de l'autre des carottes râpées que Steph ignorent royalement. Puis viennent un genre de crêpe frite fourrée et pliée en quatre, suivi un long moment après, des mêmes crêpes mais roulées et accompagnées d'une sauce à la noix de coco (mais dont on sentait plus les noix de cajou). Le couple chinois-allemand est toujours là ainsi que la française qui reste encore environ une semaine mais s'ajoute ce soir un allemand à l'accent américain impeccable et 3 jeunes: un indien et une femme et un homme de type européen. Tout le monde parle de son parcours et le jeune allemand qui voudrait faire du volontariat mais également un stage de massage ayurvédique et ne sait pas où va faire son volontariat, s'il le fait à mi-temps... Le couple plus âgé (chinois-allemand) se lève avant le dessert, ils vont aller voir un film de Woody Allen mais ils reviennent à table quand on leur approte leur glace à la mangue avant de filer pour de bon cette fois.
Ensuite tout le monde rejoint ses appartements pour se coucher pas trop tard, nous nous levons tôt pour, espérons-le, la visite du Matrimandir.
