Rizières, temples, et spectacle barong

  Récit de voyage

 Réveil difficile
StéphaneSabrina

La nuit n'a pas vraiment été calme entre les chiens qui hurlent jusqu'à 1 du matin, et les coqs qui prennent le relais dans la foulée! Et moi qui croyais que ces volatiles ne faisait que chanter au lever du jour... erreur!

Nous prenons notre petit-déjeuner sur la petite terrasse puis allons attendre le chauffeur de la journée dans la rue.

 Un chauffeur nous explique la vie à Bali
StéphaneSabrina

Si le chauffeur des derniers jours arrivait au moins 20 minutes avant l'heure prévue, ce n'est pas le cas de celui-ci. Il arrive pile-poil à l'heure.

Il parle très bien anglais et nous donne plein d'explications sur la vie balinaise, que ce soit de sa propre initiative ou à la suite d'une des nombreuses questions que je poserai tout au long de la journée. Il nous demande où nous étions avant et nous explique qu'à Kuta, la plupart des gens ne sont pas de vrais balinais et donc arnaquent souvent sans scrupule alors qu'à Ubud, 95% de la population est originaire d'Ubud et que donc s'ils s'amusent à faire des mauvaises choses, ça se sait dans tout le village. Il nous explique ensuite que le rituel tous les jours est d'offrir aux dieux du riz tous les matins et des fleurs deux fois par jour: avant de travailler et quand la journée de travail est finie. Quant aux fruits, ils sont offerts lors d'une cérémonie au temple ou une célébration. Au temple, le prêtre béni cinq fois les gens à la fin de la cérémonie et leur donne du riz pour qu'ils se le collent au front. Il bénit aussi la tour de fruits et une fois la cérémonie finie, les gens les ramènent chez eux et les mangent en famille.

Le chauffeur, qui s'appelle Pudu comme l'un des enfants croisés chez Jiwa, nous explique également que chaque famille a un temple dans son jardin, toujours situé au Nord-Est de la maison, que chaque village a au moins trois temples, un pour chaque déité: Vishnu le dieu stabilisateur, Brahma le dieu créateur et Shiva le dieu destructeur. Certains sanctuaires sont en outre ouverts à tous sans aucune distinction, comme les six temples publics appelés Kahyangan Jagat: Uluwatu, Goa Lawah, Lempuyang, Batukarau, Besakih, Pusering Jagat (Penjeng). Ils sont visités chaque année par de nombreux touristes mais aussi par de nombreux croyants venus des quatre coins de Bali et d’ailleurs.

Je demande également si le port du sarong est toujours d'actualité, notamment pour les jeunes générations et il me répond qu'en dehors du temple, les jeunes s'habillent généralement à l'occidentale. C'est surtout les anciens qui les portent en toute occasion (bien que nous en ayons vu, certes pas des ados, mais des personnes assez jeunes, dans les 30-40 ans en porter). Il nous explique aussi qu'il y a un code couleur pour les sarongs: le blanc ou le jaune pour aller au temple, le noir pour des funérailles, du noir et blanc pour la sécurité du village et des motifs batik pour aller à une réunion de village.

J'ai lu que la crémation est une cérémonie extrêmement chère et que pour partager les frais, les villages organisent tous les cinq ans des crémations collectives. Tous ceux qui ne peuvent payer une crémation individuelle choisissent cette option. En attendant la prochaine crémation de village, les morts sont enterrés dans un cimetière provisoire qui n'est jamais plein puisque tous les cinq ans maximum, il est vidé, morts récents ou plus anciens, pas de distinction. Je demande ce qui coûte cher dans cette cérémonie. Pudu nous répond qu'il y a 3 gros postes de dépenses dans la vie balinaise: le limage de dents (un des cinq rituels que tout balinais hindouiste doit avoir effectué pour assurer la transition de son esprit de la naissance jusqu’à la mort et plus tard la réincarnation), le mariage et la crémation. La préparation à la cérémonie dure un mois durant laquelle des amis du village viennent aider pour les préparatifs, des amis qu'il faut nourrir, faire boire... La cérémonie dure ensuite une semaine.

Après un coup de fil, il nous explique que c'est son fils qui l'appelle pour savoir s'il peut passer chercher son cerf-volant, cadeau d'anniversaire, pour s'amuser avec ses amis. Il nous explique qu'ici, on fête son anniversaire tous les 6 mois et qu'en général un poulet au barbecue et du riz brun sont une fête à eux seuls! Je lui demande combien il a d'enfants, il me répond un seul, c'est bien suffisant. Je lui demande alors pourquoi il dit ça comme ça et il exlique qu'ici si on a une fille, on essaye d'avoir un autre enfant jusqu'à avoir un garçon si possible car le garçon restera toute sa vie avec sa famille, même quand il se mariera alors que les filles iront dans la famille du marié. Si vraiment les parents n'arrivent pas à avoir de garçon, il faudra qu'une des filles reste chez ses parents mais c'est compliqué car il faut que l'époux et ses parents y consentent. Il nous explique également que si un couple n'arrive pas à avoir d'enfant, il y a plusieurs possibilités: soit ils adoptent à l'orphelinat (et payent pour les soins octroyés jusque là à l'enfant), soit ils adoptent un enfant de leur famille qui sera alors l'héritier de leur bien lors d'une cérémonie publique. Il semble également que les hommes peuvent répudier leur femme s'ils n'arivent pas à avoir d'enfant et cela sans même passer des tests pour vérifier lequel à des difficultés. C'est ce qui est arrivé à la tante de notre chauffeur qui est alors revenue vivre avec eux. Il nous explique également qu'il est mal vu d'être mère célibataire et que si le fautif ne se marie pas avec elle, il faut alors qu'elle se marie avec un parent, son père ou avec le kriss (poignard maltais, mais j'avoue que le mot qui ressemble à Christ, me faisait penser aux nonnes mariées à Jésus) lors d'une cérémonie religieuse.

Nous apprenons également que traditionnellement, la femme ne travaille pas. Si son mari est agriculteur, elle va faire la récolte ou alors elle fait un petit boulot de temps en temps comme porter des choses sur un panier sur la tête mais guère plus. De nos jours, les jeunes générations veulent bien travailler mais de préférence dans un magasin ou comme serveuse pour un travail pas trop fatiguant (et parfois avec clim').

 Il fait beau au temple Taman Ayun
StéphaneSabrina

La première visite de la journée est au Royal Water Temple Taman Ayun. . Nous avons de la chance, il fait beau et un beau ciel bleu met en valeur le temple. Nous payons l'entrée et en profitons, nous n'avons pas eu souvent ce genre de temps ces derniers jours! A l'intérieur de l'enceinte, des coqs en cage, bien fait pour eux!

Sur la gauche, un bâtiment avec un homme en train de peindre . Il y a toutes sortes de peintures: des dieux hindous, de la peinture réaliste de palmier et noix de coco, de la peinture barong... Une toile de ce style attire particulièrement notre attention mais nous décidons de faire d'abord le tour du temple (nous ne pouvons pas rentrer dans l'enceinte intérieure, nous faisons vraiment le tour du temple) avant de revenir. Quand nous revenons, j'écoute des gens parler prix pour un tableau. Le vendeur propose d'emblée une réduction passant de 1500000 Rp à 1385000 Rp. Ils acceptent et lui disent d'enrouler la toile, ils vont chercher de l'argent et reviennent ensuite la chercher. Nous voyons l'employé aller chercher le tableau que nous avions repéré, zut! Je montre alors à Steph un autre tableau, ressemblant beaucoup au premier mais au lieu d'être à l'horizontale, il est à la verticale, un peu moins esthétique sur un mur en longueur...

Nous nous décidons tout de même pour celui-là et j'explique à Steph le prix entendu pour l'autre couple. Je pensais que ça serait une base de négociation mais non, Steph demande à l'acheter à 1400000 Rp ce que le vendeur s'empresse d'accepter. Tant pis, le tableau est vraiment beau et Steph y tient particulièrement. On va dire que c'est notre cadeau d'anniversaire. Le vendeur nous demande s'il nous le plie, euh non. On préfère qu'il nous l'enroule!

En sortant, un homme me demande combien nous avons acheté le tableau, je lui demande pourquoi mais il me répond juste que nous l'avons eu à un bon prix. Bizarre...

 Demi-tour travaux
StéphaneSabrina

Nous rejoignons Pudu qui nous emmène voir les rizières de Jatiluwih. En partant de Taman Ayun, il fait demi-tour, la route qu'il comptait prendre est en travaux. Il prend alors une autre route pendant un long moment mais refait demi-tour, il a loupé un embranchement.

 Les rizières de Jatiluwih
StéphaneSabrina

Nous arrivons ensuite aux rizières et payons le ticket d'entrée dans la voiture. Pudu nous dépose quelques mètres plus loin, nous montre le chemin et nous dit qu'il nous attend vers les restaurants en haut de la colline. C'est parti pour une promenade au coeur des rizières ! Le chemin est relativement facile même s'il est un peu vallonné et même s'il y a des touristes, il n'est pas bondé. En chemin, des portillons délimitent les terrains mais il n'y a que le portillon, aucun mur à l'horizon . Des gens s'occupent de leur récolte . Je m'approche des plantations et regarde de plus près le riz en train de sortir de l'eau ou du moins de la mousse qui recouvre l'eau . Un peu plus loin sur un tronc, un attroupement de fourmi se livre à une mise à mort sur une malheureuse intruse . Steph serre les fesses quand des chiens passent en courant près de lui. Bon, le temps est classique, grisaille dans les montagnes. Dommage, c'était si beau un ciel bleu!

Nous terminons notre tour en prenant notre temps et remontons au point de rendez-vous.

 Warung Jatiluwih
StéphaneSabrina

Le chauffeur est là et nous montre un warung conformément à notre demande un peu plus tôt où il nous a dit qu'il nous trouverait un warung pas trop cher et qui ne rajoute pas de glutamate de sodium dans ses plats (notamment le bakso dont les gens raffolent ici). Nous commandons tous les deux un mie kuah , à 30000 Rp chacun. Un poil plus cher que le warung de Kuta mais c'est encore raisonnable. Pas d'anguilles pour nous, même si apparemment les locaux les cherchent dans les rizières pour les cuisiner.

Nous remontons ensuite en voiture et partons.

 Un temple dans la brume
StéphaneSabrina

Arrivés à Ulun Danu Bratan, nous sommes très surpris et un peu déçus (beaucoup pour Steph), le temple et le lac sont dans la brume ! Un complexe de quatre temples, que l'on retrouve sur les billets de 50000 Rp. Nous repasserons un peu plus tard quand la brume semble s'être levée un (tout) petit peu et rejoignons la sortie. Heureusement en chemin, un des temples côté terre ferme est plus visible . Non loin de là, un stand permet de se faire prendre en photo avec des volatiles. Une chauve-souris géante attire mon attention mais le vendeur nous demande de ne pas prendre de photos si nous ne payons pas... Les toilettes sont payantes (2000 Rp), Steph a envie mais se retient. Nous avons payé l'entrée et on ne peut même pas avoir des toilettes gratuites?!

 Impasse sur les lacs jumeaux
StéphaneSabrina

En sortant, nous rejoignons Pudu avec l'idée de lui dire que ce n'est pas la peine d'aller voir les lacs jumeaux. Il a eu la même idée et a demandé à des collègues en nous attendant, il n'y a pas de visibilité à cause du brouillard. Nous rentrons donc à Ubud. Le temps s'éclaircit à mesure que nous quittons les montagnes, nous passons près de champs de fleurs qui servent pour les offrandes (fleur Pacah).

 Coco market
StéphaneSabrina

En arrivant à Ubud, nous lui demandons de nous déposer au Coco Market où nous faisons quelques courses: de l'eau, une mangue (manis) et des gâteaux que nous comptons emmener aux îles Gili où nous nous disons que la vie va être chère sur place. Après un tour à l'étage où nous ne trouvons rien qui nous enchante, nous nous rendons compte que nous avons oublié de demander à Pudu combien coûte un sarong au prix local.

 Vite, avant le spectacle!
StéphaneSabrina

Nous retournons poser les affaires à l'hôtel ou 5 geckos nous souhaitent la bienvenue en entrant dans le jardin. Nous sortons rapidement et allons au centre d'information pour acheter nos billets de spectacle barong, c'est le dernier jour si nous voulons y assister. Le vendeur nous explique qu'il faut arriver en avance, vers 18h45 pour un début de spectacle à 19h30 afin d'avoir de la place. Il est 18h30, nous partons à la recherche de quoi grignoter dans le coin. Pas le temps pour un resto, nous allons au K market et achetons un roulé à la saucisse pour Steph et un genre de donut au fromage pour moi et des tim-tam . Je le fais réchauffer au micro-onde avant de sortir de la supérette et le mange en vitesse près du centre d'information avant d'entrer dans la cour du palais.

 Spectacle barong, coupez-moi ces têtes
StéphaneSabrina

Il y a déjà du monde , les places sur les côtés sont prises, nous nous installons au 4ème rang, en face de la scène située à même le sol, ça promet pour y voir quelque chose surtout avec des grands devant soi. Je dis à Steph qu'on verra sûrement mieux un peu plus en arrière sur le côté mais surélevés et à l'abri s'il se met à tomber quelques gouttes (le vendeur nous a dit que ça serait déplacé à l'abri s'il pleuvait). Steph n'est pas emballé mais finit par me suivre. On y voit mieux... pour le moment. Car au fur et à mesure que la cour se remplit, les gens se mettent de plus en plus debout et on finit par faire de même pour y voir un peu. Steph monte même sur sa chaise, moyennement rassuré. Un gamelan (orchestre traditionnel) composé majoritairement de xylophones et métallophones, joue une musique saccadée que suivent des danseurs et danseuses, leur tête suivant le rythme de la musique . C'était un joli spectacle malgré tout, si on revient, nous arriverons à 18h pour être placés devant! Nous rentrons à l'hôtel, au sec aujourd'hui!

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